Une rentrée en uniforme aux accents de l’hymne national : ce
qui était considéré comme inconcevable ou tout simplement ridicule il y a
encore quelques années a pris corps – celui des élèves, plus précisément – non
en Corée du nord mais en France, à Denain dans une école élémentaire de la ville.
Une seule école, quelques dizaines dans toute la France (sur
un total d’environ 60 000 établissements) à s’être pliées au caprice du
gouvernement : un détail, une bagatelle, une broutille ? Mais quand ces
établissements attirent en masse des médias dont la curiosité malsaine sur ce
sujet tient du voyeurisme, quand l’actualité éducative de la rentrée se trouve
à ce point phagocytée par une histoire de fringues, quand, en outre, le sang
impur qui abreuve les sillons fait office de chant de rentrée (et d’accueil
pour les élèves de CP aux dires de la directrice !) d’enfants en uniforme, il
ne s’agit plus alors d’un détail, d’une bagatelle, d’une broutille mais d’un
symbole. Mais de quoi est-ce le symbole ?