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samedi 22 août 2026

Patriotisme obligatoire : l’Éducation nationale ouvre ses portes à l’extrême droite

 

L’extrême droite en rêvait, l’Éducation nationale le fait : les cérémonies patriotiques et militaires, jusque-là contenues à l’extérieur de l’école et à la participation volontaire de quelques élèves, sont désormais généralisées, rendues obligatoires à partir de la rentrée 2026.

vendredi 8 mai 2026

Avec l'enseignement de la défense, une militarisation des programmes scolaires

 

Le SNU étant mort et enterré, l’Assemblée nationale vient d’adopter une loi renforçant la militarisation des programmes scolaires dans la logique d’une militarisation du débat public.

samedi 27 décembre 2025

Les enfants-soldats de Macron

 

L’école comme support privilégié d’une éducation patriotique et militaire ? Derrière la mise en scène éhontée de Macron passant en revue des enfants grimés en soldats, les annonces sur le service militaire ont des implications directes sur l’école.

jeudi 25 décembre 2025

Lycéens manipulés, brutalisés : l’éducation à la défense comme un symbole

 

Violences et débordements ont émaillé le déroulement d’ateliers de « promotion des métiers de la défense » organisés au lycée professionnel de Fontenay-sous-Bois. Une pantalonnade qui ne résulte pas d’une initiative individuelle mais qui s’inscrit dans le cadre de la très officielle éducation à la défense intégrée au cursus obligatoire de tous les élèves… depuis 1982.

lundi 13 octobre 2025

Fin du SNU : reculer pour mieux sauter ?

 

L’annonce de la suppression du SNU ne doit pas ouvrir la porte aux illusions : ce ne sont ni des motivations pacifistes ni une contestation massive – jamais venue – qui motivent la fin du SNU mais plus prosaïquement son coût prohibitif ainsi que des difficultés organisationnelles récurrentes. L'école n'en a sans doute pas fini avec les fantasmes patriotiques et militaires.

jeudi 30 janvier 2025

De Charlie à la révolution conservatrice de Blanquer

 

En janvier 2015, l’attentat contre Charlie avait trouvé son coupable : l’école, où, selon la malheureuse formule du Premier ministre de l’époque, « on a laissé passer trop de choses… ». Avec l’injonction à être Charlie, l’école tombait dans un piège d'où, dix ans plus tard, elle ne s’est pas relevée. De Charlie à la révolution conservatrice de Blanquer, il n'y avait que deux ans...

jeudi 15 août 2024

La Marseillaise à l'école, héritage révolutionnaire ? Un anachronisme

La Marseillaise revendiquée comme « hymne révolutionnaire » est-elle légitime dans le cursus scolaire des élèves et les programmes officiels de l’Éducation nationale ? Sans rien changer à sa phraséologie d’origine, une Marseillaise « de gauche », populaire, autorise-t-elle à dénoncer comme une « récupération » la ferveur dont elle jouit à droite et à l’extrême-droite ? Cette option, régulièrement avancée chez les militants de gauche et, autant qu’on puisse en juger, dans un milieu enseignant qui a toujours fait preuve d’une solide complaisance pour les prescriptions officielles sur le sujet, met en avant le contexte historique de la composition de la Marseillaise, censé justifier, près de deux siècles et demi plus tard, son apprentissage obligatoire. Ce faisant, l’anachronisme n’est pas loin car chanter la Marseillaise en 2024 – surtout lorsqu’il s’agit d’une prescription administrative – ne peut pas avoir la même signification qu’en 1792.

lundi 24 juin 2024

Le SNU, comme modèle éducatif pour l’extrême-droite

 

L’extrême-droite aux manettes de l’Éducation nationale pour la prochaine rentrée ? Une photo de presse donne l’image de ce que cela pourrait représenter. Et c’est une photo du SNU.

samedi 15 juin 2024

Législatives : les jeunes comme "problème"

 

Ces derniers jours, la majorité (selon la terminologie officielle) a présenté son programme pour la jeunesse. D’abord par la bouche de Macron : interdiction du portable pour les moins de 11 ans, interdiction des réseaux sociaux pour tous (mais CNews est toujours autorisé), généralisation du SNU. Quelques jours plus tard, c’est au ministre de la Justice d’apporter sa contribution à ce programme éducatif en suggérant que tout délit commis par un mineur soit sanctionné, le jour même de sa constatation, par une incarcération immédiate. Sans décision de justice, une simple présomption policière remplaçant la présomption d’innocence. Cette mesure ne concernerait évidemment pas les délinquants politiques qui disposent d’une armée d’avocats (comme un certain Dupond-Moretti pour Cahuzac ou Balkany) habiles à user de toutes les ficelles de la procédure permettant de faire traîner pendant de longues années les affaires de leurs clients, au demeurant rarement jetés en prison.

mardi 11 juin 2024

Chudeau, ministre de l'Education nationale ? L'école au pied du mur.

 

« Jean-Michel Blanquer reprend à son compte nos idées sur l'école. Je ne peux que m'en féliciter. C'est une victoire idéologique pour nous, et une défaite des pédagogistes, qui ont fait tant de mal au pays ! »  En décembre 2017, ce satisfecit adressé à Blanquer par Marine Le Pen soulignait la convergence entre les conceptions (contre-)éducatives et la politique gouvernementale, que l’Éducation nationale était chargée de suivre. Depuis 7 ans maintenant, il ne fait plus guère de doute – même s’il a fallu à certains du temps pour s’en convaincre – que l’école est devenue le terrain d’expérimentation de l’extrême-droite. Une tendance s’accentuant de façon de plus en plus brutalement au fil des déclarations et des annonces d’Attal, d’abord comme ministre en titre, puis  comme chef de gouvernement.

lundi 10 juin 2024

Le venin dans les têtes, le venin dans l'école

 

Le RN premier parti de France : ce n’est plus un cauchemar, c’est une réalité. Refuser de poser la question de savoir comment le cauchemar est devenu réalité n’est sans doute pas le meilleur moyen d’y mettre fin.

Alors qu’en 2002, l’accession de Le Pen père au second tour avait suscité une émotion considérable – des manifestations de masse suivies par un vote tout autant massif de rejet – il n’en est plus de même 22 ans plus tard, avec la banalisation de la rhétorique d’extrême-droite et son acceptation dans une large partie de l’opinion publique. Une banalisation que n’expliquent, quoiqu’en disent de savants experts, ni l’impopularité de l’actuel président ni la situation économique et sociale d’un pays, qui, en dépit de ses défauts et de ses injustices, reste l’un des plus riches du monde. L’analyse facile selon laquelle le vote d’extrême-droite serait d’abord un vote de colère, de frustration, de la pauvreté (ce « sentiment d’abandon » cher aux chroniqueurs… ) n’est pas crédible : on peine à comprendre pourquoi les plus démunis – au nom desquels d’éminents spécialistes s’autorisent à parler – apporteraient leur suffrage à un projet politique déconnecté de toute analyse économique et sociale un peu sérieuse (le démontage des éoliennes chez Le Pen…) mais concentré sur l’expulsion des immigrés et la fermeture des frontières.

lundi 3 juin 2024

Bloquer les lycées pour Gaza ? Un problème de timing...

 

Oui, le massacre systématique et décomplexé de la population civile à Gaza est une honte ; de même que le sort réservé aux Palestiniens depuis des décennies ; de même que la pusillanimité de la plupart des pays du monde face à ce qu’on peut appeler pour le moins un crime de masse, un crime de guerre ; de même que l’instrumentalisation de l’antisémitisme pour tenter de délégitimer toute critique du gouvernement israélien. Oui Gaza est effectivement une cause à défendre et si les jeunes pouvaient sur ce sujet faire entendre une voix un peu plus forte que celle de leurs aînés, ce serait alors une heureuse surprise dans un pays plus prompt à se mobiliser pour les officines de pharmacie que contre l’extermination d’un peuple.

samedi 25 mai 2024

SNU : une mystique identitaire au programme du lycée

 

Dans le flot d’images relayés sur le SNU par les médias, la plus marquante, parce que la plus diffusée, est celle de ces jeunes en uniforme, réunis au garde-à-vous chaque matin devant le drapeau pour chanter la Marseillaise. De fait, compte tenu de l’affligeante banalité des occupations quotidiennes qui font office de remplissage – quand elles ne tournent pas au ridicule – et comme, d’autre part, il est difficile de prendre au sérieux l’impossible mission dite « d’intérêt général » – une coquille vide – censée prolonger le séjour dit « d’intégration »,  le SNU, c’est d’abord cela : la mise en scène d’une jeunesse militarisée et patriotique, disciplinée, un message adressé à une opinion publique nostalgique du service militaire, fantasmé comme le garant d’un ordre civique perdu.

vendredi 10 mai 2024

8 mai 1945 : une commémoration scolaire hors sujet

 

Qu'un certain type d'éducation puisse conduire à Auschwitz : la question, régulièrement posée depuis 1945, vient percuter les certitudes d’un très contestable devoir de mémoire exigé par une Éducation nationale qui ne semble guère avoir retenu les leçons d’une époque qui confondait éducation et obéissance.

lundi 22 avril 2024

Avec l’école en victime expiatoire, Attal recycle le pire de l’extrême-droite

 

D’Attal, on croyait avoir tout vu, tout entendu. Concernant l’école, ses annonces à l’emporte-pièces sur l’obéissance comme vertu cardinale, sur la tradition fantasmée en matière pédagogique, ses attaques virulentes contre les élèves musulmans, étaient reçues comme la participation d’un politicien sans scrupules à la chasse à l’électorat d’extrême-droite dans la perspective des prochaines présidentielles, sa seule véritable préoccupation. Au point de reprendre intégralement à son compte le programme éducatif du RN. Mais à Viry-Châtillon (18/04/2024), dans une logorrhée d’une violence ahurissante, indigne d’un chef de gouvernement responsable, Attal a franchi des limites qu’on croyait ne jamais atteindre.

dimanche 14 avril 2024

SNU : la faute de l'Education nationale

 Mise à jour de la note de blog du 04/01/2024

 

Des jeunes en uniforme, au garde-à-vous devant le drapeau aux accents de la Marseillaise : l’extrême-droite en rêvait, Macron le fait. Après 6 ans de mise en place laborieuse d’un dispositif qui n’a jamais rencontré le public visé, 6 ans de battage médiatique, de communication infantilisante autour d’un projet qui tourne à vide en dépit de son coût prohibitif, le SNU – en attendant une généralisation retardée par des considérations budgétaires et logistiques – devient obligatoire : il l’est en tout cas pour les lycéen.nes de Seconde qui, dans quelques semaines, parce qu’ils n’auront pas trouvé de stage de fin d’année, se verront dans l’obligation de subir une période d’encasernement dont on ne connaît aujourd’hui d’équivalent dans aucun pays démocratique. Avec cette singularité qui semble avoir échappé à beaucoup : le transfert institutionnel et budgétaire à l’Éducation nationale d’une forme d’embrigadement, d’endoctrinement qui était autrefois à la charge de l’armée. Avec la mise au pas de la jeunesse autour d'une mystique identitaire, c'est aussi le service public d'éducation qui change de nature.

On sait déjà depuis longtemps, depuis l’annonce de la création du SNU – ce que les rapports de l’INJEP confirment en filigrane – que les objectifs mis en avant, n’ont pas résisté à l’épreuve des faits : mixité sociale, culture de l’engagement, solidarité, insertion sociale et professionnelle, bilan scolaire et sanitaire, autant de justifications laborieuses qui se sont égarées en chemin au fil des séjours dits d’intégration ou des missions d’intérêt général. Sauf, bien sûr, à confondre mixité sociale et uniforme, engagement des jeunes et inscription d’une poignée d’entre eux à un séjour dont la finalité échappe aux premiers concernés. Un engagement qui, en devenant obligatoire sous peine de sanctions, devient en réalité une brimade.

mardi 9 avril 2024

Ecole et extrême-droite : un terreau favorable



Mise à jour de la note du 14/09/2023
 

Printemps 2002 (une autre époque…) : la présence de J.-M. Le Pen au second tour des présidentielles provoquait une formidable commotion nationale où l’effroi le disputait à l’incrédulité. Quelques jours plus tard, des manifestations de masse préfiguraient le rejet électoral massif de l’extrême-droite au second tour de scrutin. Il aura fallu bien peu de temps pour que ce rejet se transforme en complaisance, en complicité, en indifférence, en fatalisme… Toute une gamme d’attitudes qui aura accompagné la banalisation d’une extrême-droite qui peut, sans optimisme excessif, envisager la suite de l’histoire. Mais si l’extrême-droite a cessé de faire peur – la figure policée de la fille remplaçant celle, inquiétante, de son baroudeur de père – c’est surtout parce que son idéologie, ses valeurs, ses thèmes de prédilection, ont atteint très rapidement une large partie de la société, un transfert encouragé par une classe politique aveugle et/ou pusillanime prétendant lutter contre l’extrême-droite en reprenant ses idées. De façon significative, cette banalisation a trouvé un terrain d’élection autour de l’école. Laïcité identitaire et punitive, conception du civisme fortement centrée sur une communauté nationale imaginaire, vision autoritaire de l’éducation : les chemins de l’extrême-droite ont, ces dernières années, croisé ceux de l’école. La visibilité des symboles nationaux sur les murs de l’école, le culte de la Marseillaise, la participation de plus en plus obligée des élèves à des commémorations bien davantage patriotiques et militaires qu’historiques, la perspective d’un SNU généralisé, loin d’être un épiphénomène, sont plutôt le signe d’une éducation civique fortement dévoyée par un système de pensée qui est également celui de l’extrême-droite. Pas seulement de l’extrême-droite, certes mais ce n’est pas une excuse…

vendredi 23 février 2024

Rentrée 2026...

Septembre 2026 : rentrée en uniforme pour 13 millions d’élèves. Septembre 2026 : internement obligatoire d’une durée de 15 jours pour tous les élèves de seconde dans le cadre de l’intégration du SNU au cursus scolaire. Septembre 2026 : obligation pour chaque établissement d’organiser, conjointement avec les anciens combattants, une cérémonie avec levée des couleurs, dépôt de gerbe, minute de silence, sonnerie aux morts, Marseillaise…

Frayeur d’anticipation ? Si, du moins pour l’instant, la cérémonie dite « du souvenir » ne se rapporte qu’à une proposition de résolution déposée par une trentaine de députés de droite, son existence même donne une direction, celle montrée par une droite* décomplexée au point de reprendre à son compte, sans rien en changer, les élucubrations même les plus improbables de l’extrême-droite ; celle également d’un débat éducatif pris au piège d’une surenchère national-autoritaire validée par l’Éducation nationale.

mardi 13 février 2024

2018 - 2024 : six ans pour un SNU qui n'aurait jamais dû passer son premier anniversaire.

 

Le SNU a 6 ans : c’est en effet le 13 février 2018 que Macron annonçait la mise en place d’un impensable dispositif d’encadrement autoritaire des jeunes, « quelque part entre les Chantiers de jeunesse et la caserne de grand-papa, entre une fixation irrationnelle sur la conscription et une méfiance bien réelle pour la jeunesse », écrivais-je dans la première note de blog que je consacrais au sujet.

lundi 15 janvier 2024

Régénération, réarmement civique, autorité : Macron 2024 dans les pas de Hollande 2015.

 

Régénération, réarmement civique, autorité : une rhétorique martiale et guerrière, fortement sous-tendue de considérations identitaires, s’incruste autour de l’École, illustrée par des symboles criards comme l’uniforme et le SNU. « Le réarmement civique – écrit Thierry Ribault, chercheur en sciences sociales – est un sous-produit idéologique de la doctrine de la résilience nationale élaborée par les dirigeants macronistes. C’est une phase préparatoire à un réarmement militaire et à une mobilisation nationale de la jeunesse. » Élaborée par des dirigeants macronistes ? Sans doute mais pas seulement : à bien des égards, le moment actuel apparaît comme l’aboutissement d’une impulsion donnée par la majorité précédente (2012-2017) – dite de gauche – dans la foulée des attentats de 2015. Depuis l’absurde accusation lancée par Valls (janvier 2015) selon laquelle « à l’école, on a laissé passer trop de choses », cette dernière est la cible d’injonctions brutales qui gangrènent la mission civique de l’école dans une perspective dévoyée faisant de l’identité nationale la forme ultime et nécessaire du vivre ensemble.

Le venin dans les têtes, le venin dans l'école

  Le RN premier parti de France : ce n’est plus un cauchemar, c’est une réalité. Refuser de poser la question de savoir comment le cauchem...