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samedi 9 mai 2026

8 mai 1945 : du bon usage des commémorations

 

L’extrême droite est-elle légitime à commémorer la défaite du nazisme ou la déportation ? Qu’elle puisse le faire sans scrupules et si ouvertement montre toute l’ambiguïté des pratiques mémorielles officielles dans lesquelles l’Éducation nationale, pour ce qui la concerne, n’a guère de scrupules à embrigader des générations d’élèves au service d’une « mémoire » militarisée et patriotique.

vendredi 8 mai 2026

Avec l'enseignement de la défense, une militarisation des programmes scolaires

 

Le SNU étant mort et enterré, l’Assemblée nationale vient d’adopter une loi renforçant la militarisation des programmes scolaires dans la logique d’une militarisation du débat public.

dimanche 28 décembre 2025

Un Cours de l'histoire, un cours d'histoire pour faire la guerre

 

Le tournant guerrier et militariste de Macron engage fortement le système éducatif et ses acteurs. Une émission radiophonique bien connue des enseignant.es d’histoire confirme la perméabilité de l’Éducation nationale et d’une partie de ses personnels aux mots d’ordre martiaux.

jeudi 25 décembre 2025

"Perdre ses enfants" pour l'Ukraine ?

 

 

« Si notre pays flanche parce qu'il n'est pas prêt à perdre ses enfants, parce qu'il faut dire les choses, (...), si on n'est pas prêt à ça, alors on est à risque. » Perdre ses enfants à la guerre ? Avec cette formule, le chef de l’état-major des armées françaises s’inscrit dans la lignée de tous ces chefs de guerre courageux avec la peau des autres.

vendredi 21 novembre 2025

L'école publique doit-elle vraiment "faire nation" ? (Le Café pédagogique)

 

Dans sa tribune pour le Café pédagogique (03/11/2025), Djéhanne Gani, rédactrice en chef, partant d’une critique de l’enseignement privé sous contrat et de son financement, lui oppose une école publique idéale qui n’a jamais existé… et dont rien ne laisse à penser qu’elle puisse un jour exister. Une analyse très ambiguë.

vendredi 31 octobre 2025

"Une dimension sacrée du président de la République..." Une République sacralisée par l'école

 

Un pacte de corruption entre Sarkozy et Kadhafi ? Pas moins mais en France, la complaisance de l’opinion publique pour ses dirigeants est une vieille tradition. Éduqués dans le culte d’une république sacralisée, les Français sont majoritairement peu enclins à remettre en cause, à travers leurs responsables politiques, un régime considéré comme toujours légitime.

vendredi 8 août 2025

80 ans plus tard, un jeune Français sur 2 n'a pas tiré les leçons d'Hiroshima

Selon une enquête parue en avril 2024, en France, un jeune sur deux (49 %) juge « acceptable » l’utilisation de l’arme atomique. Quels que soient les biais attachés à cette enquête, les convictions manifestées par une majorité de jeunes sur la chose militaire reflètent d’une certaine façon un imaginaire guerrier en partie façonné par l’enseignement de l’histoire.

samedi 10 mai 2025

Commémorer le 8 mai...malgré Gaza ?

 

Cette année plus que les précédentes, les vertus supposées de la commémoration du 8 mai volent en éclat devant la contradiction entre son objet affiché ("plus jamais ça") et l’extermination de la population de Gaza par son voisin. Une illusion morale et civique entretenue, tout spécialement à l'école, par un "devoir de mémoire" toujours moins crédible.

vendredi 31 janvier 2025

Auschwitz : illusions et désillusions des politiques de mémoire

 

Entre mémoire collective et histoire, l’objectif affiché par l’Éducation nationale à l’occasion du 80e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz, légitime quand il s’agit de faire connaître une tragédie du passé, est beaucoup plus ambigu lorsqu’il se voit chargé d’une dimension mémorielle collective empêtrée dans ses contradictions.

vendredi 2 août 2024

Corporatisme et enseignement de l'histoire (Suzanne Citron)

 

Dans un article publié en 1977 (1), Suzanne Citron s’intéresse aux réflexes corporatistes qui caractérisent la Société des professeurs d’histoire et de géographie de l’enseignement secondaire (SPHG, fondée en 1910, devient en 1975 Association des professeurs d’histoire et de géographie, APHG), une tendance forte qui conduit à des compromissions politiques (non remise en cause du colonialisme, par exemple) et à un blocage pédagogique, une résistance aux changements initiés ou souhaités notamment par Jean Zay ou, à la Libération, par Langevin-Wallon.

Presqu’un demi-siècle plus tard, cette analyse de Suzanne Citron trouve sans difficulté son prolongement dans la constatation d’une persistante inhibition autour du fétichisme des programmes scolaires ou de la formation des enseignants.

lundi 15 juillet 2024

L'antisémitisme instrumentalisé : un contresens historique, une faute morale

 

Phénomène aussi ancien que les juifs eux-mêmes, l’antisémitisme semble avoir changé de nature, instrumentalisée dans une accusation bruyante portée contre une cible tout à fait inattendue : sont suspectés d’antisémitisme tous ceux qui, dans la classe politique, marquent leur distance avec le gouvernement israélien.

mercredi 10 juillet 2024

Des enseignants contre l'extrême-droite : bien mais peuvent mieux faire...

 

A la veille des élections, un collectif d’enseignants dénonçant la menace qu’une victoire de l’extrême-droite ferait peser sur l’école : une démarche certes opportune à un moment où cette menace n’a jamais été aussi forte. Mais comme un malaise à la lecture de cet appel.

« Instiller des idées et des débats nauséabonds (…) des candidats (…) englués dans des considérations ethniques et racistes » : si l’extrême-droite n’a effectivement jamais fait mystère de ses objectifs, le contre-argumentaire manque de poids en ne prenant pas ses distances avec une rhétorique qui est précisément celle que l’on prétend dénoncer.

vendredi 14 juin 2024

Commémoration du Débarquement : une mémoire officielle contre l’histoire

 

Des jeunes en uniforme stylé SNU, marchant au pas derrière une flamme censée symboliser la liberté : le 12 mai dernier, le barnum mémoriel autour du 80e anniversaire de la Libération fait étape à Avranches.

Avec au fil des semaines, culminant en apothéose le 6 juin, parades à grand spectacle, reconstitutions estampillées « historiques », enfants des écoles mobilisés au nom d’un improbable « devoir de mémoire », dirigeants politiques théâtralisant leur présence, bénéfices commerciaux attendus (en Normandie, tous les hôtels affichent complet) : réduite à la mise en scène de quelques moments patriotiques et militaires, la mémoire collective sert à tout, à condition de savoir s’en servir ; et ce faisant, elle montre surtout l’illusion, l’insignifiance de ses prétentions pédagogiques.

lundi 10 juin 2024

Le venin dans les têtes, le venin dans l'école

 

Le RN premier parti de France : ce n’est plus un cauchemar, c’est une réalité. Refuser de poser la question de savoir comment le cauchemar est devenu réalité n’est sans doute pas le meilleur moyen d’y mettre fin.

Alors qu’en 2002, l’accession de Le Pen père au second tour avait suscité une émotion considérable – des manifestations de masse suivies par un vote tout autant massif de rejet – il n’en est plus de même 22 ans plus tard, avec la banalisation de la rhétorique d’extrême-droite et son acceptation dans une large partie de l’opinion publique. Une banalisation que n’expliquent, quoiqu’en disent de savants experts, ni l’impopularité de l’actuel président ni la situation économique et sociale d’un pays, qui, en dépit de ses défauts et de ses injustices, reste l’un des plus riches du monde. L’analyse facile selon laquelle le vote d’extrême-droite serait d’abord un vote de colère, de frustration, de la pauvreté (ce « sentiment d’abandon » cher aux chroniqueurs… ) n’est pas crédible : on peine à comprendre pourquoi les plus démunis – au nom desquels d’éminents spécialistes s’autorisent à parler – apporteraient leur suffrage à un projet politique déconnecté de toute analyse économique et sociale un peu sérieuse (le démontage des éoliennes chez Le Pen…) mais concentré sur l’expulsion des immigrés et la fermeture des frontières.

vendredi 10 mai 2024

8 mai 1945 : une commémoration scolaire hors sujet

 

Qu'un certain type d'éducation puisse conduire à Auschwitz : la question, régulièrement posée depuis 1945, vient percuter les certitudes d’un très contestable devoir de mémoire exigé par une Éducation nationale qui ne semble guère avoir retenu les leçons d’une époque qui confondait éducation et obéissance.

mardi 9 avril 2024

Ecole et extrême-droite : un terreau favorable



Mise à jour de la note du 14/09/2023
 

Printemps 2002 (une autre époque…) : la présence de J.-M. Le Pen au second tour des présidentielles provoquait une formidable commotion nationale où l’effroi le disputait à l’incrédulité. Quelques jours plus tard, des manifestations de masse préfiguraient le rejet électoral massif de l’extrême-droite au second tour de scrutin. Il aura fallu bien peu de temps pour que ce rejet se transforme en complaisance, en complicité, en indifférence, en fatalisme… Toute une gamme d’attitudes qui aura accompagné la banalisation d’une extrême-droite qui peut, sans optimisme excessif, envisager la suite de l’histoire. Mais si l’extrême-droite a cessé de faire peur – la figure policée de la fille remplaçant celle, inquiétante, de son baroudeur de père – c’est surtout parce que son idéologie, ses valeurs, ses thèmes de prédilection, ont atteint très rapidement une large partie de la société, un transfert encouragé par une classe politique aveugle et/ou pusillanime prétendant lutter contre l’extrême-droite en reprenant ses idées. De façon significative, cette banalisation a trouvé un terrain d’élection autour de l’école. Laïcité identitaire et punitive, conception du civisme fortement centrée sur une communauté nationale imaginaire, vision autoritaire de l’éducation : les chemins de l’extrême-droite ont, ces dernières années, croisé ceux de l’école. La visibilité des symboles nationaux sur les murs de l’école, le culte de la Marseillaise, la participation de plus en plus obligée des élèves à des commémorations bien davantage patriotiques et militaires qu’historiques, la perspective d’un SNU généralisé, loin d’être un épiphénomène, sont plutôt le signe d’une éducation civique fortement dévoyée par un système de pensée qui est également celui de l’extrême-droite. Pas seulement de l’extrême-droite, certes mais ce n’est pas une excuse…

jeudi 11 janvier 2024

L'histoire à l’école entre sondage d'opinion, illusion mémorielle et commande politique.

 

Un grand classique de la manipulation de l’opinion sur les questions scolaires : ce nouveau sondage (Opinionway) censé montrer l’ignorance des jeunes (16-24 ans) sur le passé et l’incapacité de l’enseignement de l’histoire à former des citoyens. Un sondage massivement repris dans les mêmes termes catastrophistes par les médias et dont il ressort plutôt que la commanditaire, Chloé Morin, politologue de profession, est tout autant ignorante de l’histoire que de son enseignement.

mardi 2 janvier 2024

Vœux de Macron, vieux Macron

 

Les vœux présidentiels ? Traditionnellement un exercice convenu auquel il serait vain d’accorder une signification particulière. Mais la place accordée à l’école – inhabituelle en ce genre de circonstance –  perçue comme le vecteur d’un « réarmement civique » et la connotation fortement nationaliste du discours confirment que, pour l’école et plus globalement pour les jeunes, l’année 2024 est celle de tous les dangers.

vendredi 10 novembre 2023

Première Guerre mondiale : « pour en finir avec l’historiographie héritée »... à l'école

 

L’hommage aux morts dérivant vers un hommage à la guerre par la magie des programmes scolaires : ce 11 novembre ne déroge pas aux (mauvaises) habitudes, avec ses rangées d’élèves au garde-à-vous devant le drapeau, encadrés par les Anciens d’Algérie dont la présence habituelle dans les cérémonies dites du souvenir confirme plutôt qu’en ce domaine, l’Education nationale, grande organisatrice de la mémoire collective, aurait plutôt la mémoire courte… De fait, même si, au cours des dernières décennies, l’approche pédagogique  de la Première guerre mondiale a, dans une certaine mesure, diversifié ses objets, cette période de l’histoire n’en reste pas moins dominée – surtout à l’école primaire – par un souci de morale civique singulièrement teintée de patriotisme : c’est à travers ce prisme déformant – « rendre hommage à ceux qui firent le sacrifice de leur vie »  – que l’Education nationale avait conçu sa participation – et surtout celle, plus ou moins forcée, des élèves – au centenaire de la guerre, notamment par un partenariat privilégié avec le ministère de la Défense et les associations d’anciens combattants, dans une perspective résolument patriotique et militaire.

lundi 23 octobre 2023

On n’enseigne plus la Shoah ? Faux-semblants et faux procès.

 

Assimiler la critique de la politique israélienne à une forme d’antisémitisme qui découlerait d’une méconnaissance de la Shoah, imputable à un enseignement négligé à l’école : en trois propositions, ce raccourci facile où l’ignorance des programmes scolaires le dispute à la mauvaise foi, resurgit régulièrement dans le débat public au gré de l’actualité. Comme à chaque fois que le conflit israélo-palestinien embrase les esprits de ce côté-ci de la Méditerranée, c’est l’école qui fait figure d’accusée.

Le venin dans les têtes, le venin dans l'école

  Le RN premier parti de France : ce n’est plus un cauchemar, c’est une réalité. Refuser de poser la question de savoir comment le cauchem...