samedi 9 mai 2026

8 mai 1945 : du bon usage des commémorations

 

L’extrême droite est-elle légitime à commémorer la défaite du nazisme ou la déportation ? Qu’elle puisse le faire sans scrupules et si ouvertement montre toute l’ambiguïté des pratiques mémorielles officielles dans lesquelles l’Éducation nationale, pour ce qui la concerne, n’a guère de scrupules à embrigader des générations d’élèves au service d’une « mémoire » militarisée et patriotique.

vendredi 8 mai 2026

Loi Yadan et Israël : l'Arabe comme ennemi commun

 

Si, à l’Assemblée nationale, la cause d’Israël est défendue avec autant de vigueur à droite et à l’extrême-droite, au point d’amalgamer antisionisme et antisémitisme, ce n’est évidemment pas en mémoire de la Shoah ni même avec le souci de défendre les juifs français, mais plus simplement parce que l’état israélien est, sur place, l’expression d’un racisme libéré de toute contrainte.

Samuel Paty au Panthéon ? Une pétition plus qu'ambiguë

 

Un hommage à Samuel Paty ou aux caricatures de Mahomet ? La pétition à la tonalité apologétique réclamant l’entrée de S. Paty au Panthéon n’échappe pas à la question. Depuis l’assassinat de l’enseignant, un récit canonique tient lieu de prêt-à-penser aux motivations équivoques. Se réclamer inconsidérément de l’héritage des Lumières n’éclaire pas le débat.

Avec l'enseignement de la défense, une militarisation des programmes scolaires

 

Le SNU étant mort et enterré, l’Assemblée nationale vient d’adopter une loi renforçant la militarisation des programmes scolaires dans la logique d’une militarisation du débat public.

vendredi 10 avril 2026

Des écoles dans l’escarcelle de l’extrême droite : la voie est ouverte

 

La prise en mains de quelques dizaines (ou centaines ?) de mairies par le RN ne sera pas sans conséquences pour les écoles primaires des communes concernées. Mais force est de constater que, depuis quelques années, le projet éducatif de l’extrême-droite a déjà été bien anticipé par l’Éducation nationale.

vendredi 20 mars 2026

Une minute de silence dangereusement éloquente

 

L’Assemblée nationale puis le Sénat observant une minute de silence à la mémoire d’un militant d’extrême-droite mort au combat – car il faut bien désigner les faits par leur nom : même dans la pire dystopie, la chose paraissait difficilement imaginable. C’est pourtant ce qui s’est passé les 17 et 18 février 2026, dates qui baliseront sans doute un moment dans l’histoire de ces institutions républicaines qui viennent de montrer le peu de cas qu’elles faisaient des valeurs censées fonder leur légitimité.

lundi 23 février 2026

Interdiction des réseaux sociaux : surveiller plus que protéger

 

« Le cerveau de nos enfants et de nos adolescents n'est pas à vendre. Leurs émotions ne sont pas à vendre, ni par les plateformes américaines, ni par des algorithmes chinois. » C'est en ces termes que Macron cherche à justifier l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Discutée et votée en procédure d’urgence, cette interdiction en dit probablement davantage sur ses instigateurs que sur le public visé. Comme c’est souvent le cas lorsque les politiques interviennent dans le domaine éducatif, elle signe le primat de la facilité sur la complexité des choses, de la pensée binaire sur la nuance, de l’effet d’annonce sur l’efficacité réelle, du court terme des sondages d’opinion et des ambitions politiciennes sur le temps long de l’éducation. Ni les dangers réels ou supposés des réseaux sociaux ni quelques drames récents amplifiés et instrumentalisés ne justifient le choix d’une interdiction totale que, soit dit en passant, la France est le seul pays de l’UE à avoir, à cette heure, adopté. Le harcèlement scolaire, mis en avant pour justifier la mesure, n’a pas attendu les réseaux sociaux ni le téléphone portable pour exister, il perdurera sans eux sous une autre forme puisque, en privilégiant l’interdiction sur l’éducation, on s’empêche de remonter à l’origine du phénomène

Le venin dans les têtes, le venin dans l'école

  Le RN premier parti de France : ce n’est plus un cauchemar, c’est une réalité. Refuser de poser la question de savoir comment le cauchem...