jeudi 3 septembre 2026

Histoire à l’école (2/2) : « une histoire des triomphes du pouvoir »

 

En dépit d’une timide évolution, les programmes officiels d’histoire pour l’école primaire applicables à la rentrée 2026 semblent bloqués sur un modèle de récit écrit il y a plus d’un siècle par l’histoire officielle de la Troisième république pour son école. L’obsession des origines plutôt que les enjeux du monde d’aujourd’hui.

Histoire à l'école (1/2) : "les autres n'existent qu'en tant qu'ennemis"

 

Les nouveaux programmes d’histoire des cycles 2 et 3, applicables à la rentrée 2026, s’inscrivent dans une longue tradition scolaire très imprégnée de roman national où le héros a la figure du guerrier et l’étranger celle de l’inconnu menaçant, formatant un imaginaire peu ouvert à l’altérité comme à la compréhension du monde d’aujourd’hui.

mercredi 26 août 2026

Sanctionner un élève à cause de ses parents : avec l'Education nationale, tout est possible

 

Sanctionner un élève pour une faute qu’il n’a pas commise : en 2004, Fillon, ministre de l’Éducation nationale, en autorisant les punitions collectives dans les classes (circulaire du 19/10/2004) ouvrait la voie à un déni d’éducation, un déni de justice. Avec le décret du 28/07/2026, « relatif à la protection de la communauté éducative » (sic), Geffray s’inscrit dans une même pensée, celle d’une administration qui croit pouvoir contourner les principes du droit et de la justice quand bien même ils devraient bénéficier aux élèves. « Lorsque le comportement d'un membre de la famille d'un élève […] fait peser un risque caractérisé sur la sécurité ou la santé d'un membre de la communauté éducative ou compromet gravement le déroulement des activités d'enseignement ou le fonctionnement normal de l'école, le directeur académique des services de l'éducation nationale, saisi par le directeur de l'école, peut, à l'issue d'un dialogue avec les parents de l'élève, demander au maire de procéder à la radiation de cet élève de l'école et à son inscription dans une autre école de la commune […] » Autrement dit, même lorsqu’un élève n’a commis aucune faute, le chef d’établissement peut demander son exclusion.

Echange Rafale contre canadair, histoire de la guerre contre histoire de la Terre

 

L’action des hommes et les moyens mis en œuvre paraissent disproportionnés par rapport à la puissance des incendies de forêt. Une inadaptation qui remet en question une conception principalement militaire de la sécurité, héritée d’une certaine forme de mémoire collective.

samedi 22 août 2026

Interdiction des réseaux sociaux : la brimade pour éduquer ?

 

Répondre à une question de société par un interdit brutal : l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans confirme qu’en matière éducative l’affichage politique l’emporte sur toute autre considération. Loin de protéger les enfants, ce que manifeste cette mesure, c’est d’abord la réelle méfiance d’une partie de la société et de la classe politique pour la jeunesse.

Patriotisme obligatoire : l’Éducation nationale ouvre ses portes à l’extrême droite

 

L’extrême droite en rêvait, l’Éducation nationale le fait : les cérémonies patriotiques et militaires, jusque-là contenues à l’extérieur de l’école et à la participation volontaire de quelques élèves, sont désormais généralisées, rendues obligatoires à partir de la rentrée 2026.

jeudi 20 août 2026

De Bétharram à Lyhanna : une même logique de violences sur enfants

 Partant d’une légitime émotion, la mort de Lyhanna et les scandales du périscolaire parisien ont ouvert les vannes à un flot de réactions politiques et médiatiques incontrôlées, trop bruyantes pour être honnêtes. Surtout quand elles ne posent pas les bonnes questions.

Uniforme à l'école : échec d'un symbole

 L’expérimentation de l’uniforme scolaire a fait l’objet d’une évaluation officielle très critique qui met en parallèle l’échec patent du dispositif avec la forte charge symbolique dont l’uniforme est porteur. Mais c’est pourtant ce symbole qui fait sens aux yeux de ses promoteurs : l’uniforme comme outil de contrôle et de mise en ordre.

samedi 9 mai 2026

8 mai 1945 : du bon usage des commémorations

 

L’extrême droite est-elle légitime à commémorer la défaite du nazisme ou la déportation ? Qu’elle puisse le faire sans scrupules et si ouvertement montre toute l’ambiguïté des pratiques mémorielles officielles dans lesquelles l’Éducation nationale, pour ce qui la concerne, n’a guère de scrupules à embrigader des générations d’élèves au service d’une « mémoire » militarisée et patriotique.

vendredi 8 mai 2026

Loi Yadan et Israël : l'Arabe comme ennemi commun

 

Si, à l’Assemblée nationale, la cause d’Israël est défendue avec autant de vigueur à droite et à l’extrême-droite, au point d’amalgamer antisionisme et antisémitisme, ce n’est évidemment pas en mémoire de la Shoah ni même avec le souci de défendre les juifs français, mais plus simplement parce que l’état israélien est, sur place, l’expression d’un racisme libéré de toute contrainte.

Samuel Paty au Panthéon ? Une pétition plus qu'ambiguë

 

Un hommage à Samuel Paty ou aux caricatures de Mahomet ? La pétition à la tonalité apologétique réclamant l’entrée de S. Paty au Panthéon n’échappe pas à la question. Depuis l’assassinat de l’enseignant, un récit canonique tient lieu de prêt-à-penser aux motivations équivoques. Se réclamer inconsidérément de l’héritage des Lumières n’éclaire pas le débat.

Avec l'enseignement de la défense, une militarisation des programmes scolaires

 

Le SNU étant mort et enterré, l’Assemblée nationale vient d’adopter une loi renforçant la militarisation des programmes scolaires dans la logique d’une militarisation du débat public.

vendredi 10 avril 2026

Des écoles dans l’escarcelle de l’extrême droite : la voie est ouverte

 

La prise en mains de quelques dizaines (ou centaines ?) de mairies par le RN ne sera pas sans conséquences pour les écoles primaires des communes concernées. Mais force est de constater que, depuis quelques années, le projet éducatif de l’extrême-droite a déjà été bien anticipé par l’Éducation nationale.

vendredi 20 mars 2026

Une minute de silence dangereusement éloquente

 

L’Assemblée nationale puis le Sénat observant une minute de silence à la mémoire d’un militant d’extrême-droite mort au combat – car il faut bien désigner les faits par leur nom : même dans la pire dystopie, la chose paraissait difficilement imaginable. C’est pourtant ce qui s’est passé les 17 et 18 février 2026, dates qui baliseront sans doute un moment dans l’histoire de ces institutions républicaines qui viennent de montrer le peu de cas qu’elles faisaient des valeurs censées fonder leur légitimité.

lundi 23 février 2026

Interdiction des réseaux sociaux : surveiller plus que protéger

 

« Le cerveau de nos enfants et de nos adolescents n'est pas à vendre. Leurs émotions ne sont pas à vendre, ni par les plateformes américaines, ni par des algorithmes chinois. » C'est en ces termes que Macron cherche à justifier l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Discutée et votée en procédure d’urgence, cette interdiction en dit probablement davantage sur ses instigateurs que sur le public visé. Comme c’est souvent le cas lorsque les politiques interviennent dans le domaine éducatif, elle signe le primat de la facilité sur la complexité des choses, de la pensée binaire sur la nuance, de l’effet d’annonce sur l’efficacité réelle, du court terme des sondages d’opinion et des ambitions politiciennes sur le temps long de l’éducation. Ni les dangers réels ou supposés des réseaux sociaux ni quelques drames récents amplifiés et instrumentalisés ne justifient le choix d’une interdiction totale que, soit dit en passant, la France est le seul pays de l’UE à avoir, à cette heure, adopté. Le harcèlement scolaire, mis en avant pour justifier la mesure, n’a pas attendu les réseaux sociaux ni le téléphone portable pour exister, il perdurera sans eux sous une autre forme puisque, en privilégiant l’interdiction sur l’éducation, on s’empêche de remonter à l’origine du phénomène

lundi 29 décembre 2025

Interdiction du portable et des réseaux sociaux : parce que le président l'ordonne...

 

L’annonce par Macron de l’interdiction des téléphones portables en lycée et des réseaux sociaux jusqu’à 15 ou 16 ans est à l’image d’un moment politique obsédé par la surveillance et l’interdit. A l’image également d’un système éducatif toujours aussi peu démocratique, toujours plus autoritaire.

dimanche 28 décembre 2025

Un Cours de l'histoire, un cours d'histoire pour faire la guerre

 

Le tournant guerrier et militariste de Macron engage fortement le système éducatif et ses acteurs. Une émission radiophonique bien connue des enseignant.es d’histoire confirme la perméabilité de l’Éducation nationale et d’une partie de ses personnels aux mots d’ordre martiaux.

samedi 27 décembre 2025

Les enfants-soldats de Macron

 

L’école comme support privilégié d’une éducation patriotique et militaire ? Derrière la mise en scène éhontée de Macron passant en revue des enfants grimés en soldats, les annonces sur le service militaire ont des implications directes sur l’école.

jeudi 25 décembre 2025

"Perdre ses enfants" pour l'Ukraine ?

 

 

« Si notre pays flanche parce qu'il n'est pas prêt à perdre ses enfants, parce qu'il faut dire les choses, (...), si on n'est pas prêt à ça, alors on est à risque. » Perdre ses enfants à la guerre ? Avec cette formule, le chef de l’état-major des armées françaises s’inscrit dans la lignée de tous ces chefs de guerre courageux avec la peau des autres.

Lycéens manipulés, brutalisés : l’éducation à la défense comme un symbole

 

Violences et débordements ont émaillé le déroulement d’ateliers de « promotion des métiers de la défense » organisés au lycée professionnel de Fontenay-sous-Bois. Une pantalonnade qui ne résulte pas d’une initiative individuelle mais qui s’inscrit dans le cadre de la très officielle éducation à la défense intégrée au cursus obligatoire de tous les élèves… depuis 1982.

Le venin dans les têtes, le venin dans l'école

  Le RN premier parti de France : ce n’est plus un cauchemar, c’est une réalité. Refuser de poser la question de savoir comment le cauchem...