L’hommage aux morts dérivant vers un hommage à la guerre par la magie des programmes scolaires : ce 11 novembre ne déroge pas aux (mauvaises) habitudes, avec ses rangées d’élèves au garde-à-vous devant le drapeau, encadrés par les Anciens d’Algérie dont la présence habituelle dans les cérémonies dites du souvenir confirme plutôt qu’en ce domaine, l’Education nationale, grande organisatrice de la mémoire collective, aurait plutôt la mémoire courte… De fait, même si, au cours des dernières décennies, l’approche pédagogique de la Première guerre mondiale a, dans une certaine mesure, diversifié ses objets, cette période de l’histoire n’en reste pas moins dominée – surtout à l’école primaire – par un souci de morale civique singulièrement teintée de patriotisme : c’est à travers ce prisme déformant – « rendre hommage à ceux qui firent le sacrifice de leur vie » – que l’Education nationale avait conçu sa participation – et surtout celle, plus ou moins forcée, des élèves – au centenaire de la guerre, notamment par un partenariat privilégié avec le ministère de la Défense et les associations d’anciens combattants, dans une perspective résolument patriotique et militaire.