Mise à jour de la note de blog du 04/01/2024
Des jeunes en uniforme, au garde-à-vous devant le drapeau
aux accents de la Marseillaise : l’extrême-droite en rêvait, Macron le fait.
Après 6 ans de mise en place laborieuse d’un dispositif qui n’a jamais
rencontré le public visé, 6 ans de battage médiatique, de communication
infantilisante autour d’un projet qui tourne à vide en dépit de son coût
prohibitif, le SNU – en attendant une généralisation retardée par des
considérations budgétaires et logistiques – devient obligatoire : il l’est en
tout cas pour les lycéen.nes de Seconde qui, dans quelques semaines, parce
qu’ils n’auront pas trouvé de stage de fin d’année, se verront dans
l’obligation de subir une période d’encasernement dont on ne connaît
aujourd’hui d’équivalent dans aucun pays démocratique. Avec cette singularité
qui semble avoir échappé à beaucoup : le transfert institutionnel et budgétaire
à l’Éducation nationale d’une forme d’embrigadement, d’endoctrinement qui était
autrefois à la charge de l’armée. Avec la mise au pas de la jeunesse autour
d'une mystique identitaire, c'est aussi le service public d'éducation qui
change de nature.
On sait déjà depuis longtemps, depuis l’annonce de la
création du SNU – ce que les rapports de l’INJEP confirment en filigrane – que
les objectifs mis en avant, n’ont pas résisté à l’épreuve des faits : mixité
sociale, culture de l’engagement, solidarité, insertion sociale et
professionnelle, bilan scolaire et sanitaire, autant de justifications
laborieuses qui se sont égarées en chemin au fil des séjours dits d’intégration
ou des missions d’intérêt général. Sauf, bien sûr, à confondre mixité sociale
et uniforme, engagement des jeunes et inscription d’une poignée d’entre eux à
un séjour dont la finalité échappe aux premiers concernés. Un engagement qui,
en devenant obligatoire sous peine de sanctions, devient en réalité une
brimade.