lundi 6 mars 2023

L'insoumission au SNU ne passera pas par les "Insoumis"...

Avec 5 ans de retard, la question du SNU commencerait-elle à émerger dans le débat public ? A ceux qui feignent de découvrir le sujet, il faut rappeler que c’est en février 2018 que Macron a annoncé le plus officiellement du monde la création d’un service obligatoire et que les expérimentations de 2019, 2021, 2022 – largement et complaisamment relayées par les médias – réservées aux volontaires, n’ont eu que pour objet de préparer sa généralisation. Plus déplaisante que cette amnésie quasi générale, la tentative de récupération d’une éventuelle contestation lycéenne à laquelle semble vouloir se livrer la France dite Insoumise, histoire, sans doute, de faire oublier son projet de mise en place d’un service national obligatoire, avec « formation militaire initiale », d’une durée de 9 mois (le SNU en 9 fois pire…) Un service destiné à rappeler « le lien indissoluble entre l’armée et la nation » (B. Lachaud, devant la Commission de la défense de l’Assemblée nationale, 01/02/2018).

jeudi 2 mars 2023

De l’école obligatoire à 3 ans jusqu’au SNU : une logique de contrôle total

Le SNU comme achèvement et dans la logique de l’école obligatoire de 3 à 16 ans ? Difficile d’éviter le rapprochement entre la suppression de la liberté d’instruction et l’instauration d’un encasernement obligatoire (d’ailleurs bien mal dénommé « service ») pour l’ensemble d’une population désormais intégralement scolarisée. Derrière le culte d’un régime politique divinisé, qui n’accepte aucune contestation, le SNU, c’est d’abord un outil de surveillance de toute une classe d’âge jugée dangereuse, qu’il s’agit non pas d’émanciper – ce terme dans la bouche des promoteurs du SNU ferait presque rire si le sujet s’y prêtait – mais de domestiquer.

Je fais remonter sur ce blog une note initialement parue le 03/10/2020.

dimanche 29 janvier 2023

1933 - 2023...


De Berlin, où il est un jeune magistrat stagiaire, Sebastian Haffner observe avec effroi les événements qui se déroulent en Allemagne au cours des premiers mois de 1933 : avec une rapidité sidérante, la mise en place d’un régime de terreur qui ne ressemble à nul autre. Une terreur qui vise les opposants réels ou potentiels (à ce moment, Hitler, quoique chancelier depuis le 30 janvier, n’est pas majoritaire en Allemagne) mais surtout un groupe humain. Si l’antisémitisme n’est pas une invention allemande, le nazisme a su lui donner une dimension proprement systémique, institutionnelle et juridique ce dont Haffner a parfaitement conscience. Haffner n'est pas historien – juste un témoin lucide et intuitif ; il quittera l’Allemagne en 1938 – mais le nazisme ne porte-t-il pas une dimension qui échappe, par certains côtés, aux canons de l’analyse historique ? Ce qu’a déjà remarqué Alice Miller lorsqu’elle met en relation le sort des juifs avec l’éducation reçue par leurs bourreaux.

samedi 14 janvier 2023

Egalité et uniforme scolaire : attention, arnaque !

Des heures d’un débat ubuesque à l’Assemblée nationale, une bonne demi-douzaine de propositions de loi déposées ces derniers mois au Parlement, une presse complaisante que le sujet fait manifestement saliver : avec l’uniforme scolaire, la bouffonnerie s’incruste dans le débat politique. Avec cette nuance, qu’en politique la bouffonnerie est aussi un projet politique et que lorsqu’elle fait rire, c’est involontairement.

mercredi 4 janvier 2023

Refuser le SNU : pour les éducateurs, une obligation morale

Après 5 ans de mise en place laborieuse d’un dispositif qui n’a jamais rencontré le public visé (en 2022, 32 000 volontaires sur un potentiel de 2 400 000 jeunes concernés), 5 ans de battage médiatique, de communication infantilisante autour d’un projet qui tourne à vide en dépit de son coût prohibitif, le SNU serait donc généralisé, imposant à l’ensemble de la jeunesse une obligation dont on ne connaît aujourd’hui d’équivalent dans aucun pays démocratique. Mais surtout dans aucun système éducatif. Des jeunes en uniforme, au garde-à-vous chaque matin devant le drapeau aux accents de l’hymne national : avec le SNU, il ne s’agit pas d’une simple toquade folklorique mais d’une mise au pas de la jeunesse autour d’une mystique identitaire. Avec cette singularité qui semble avoir échappé à beaucoup : le transfert structurel et budgétaire à l’Education nationale d’une forme d’embrigadement, d’endoctrinement qui était autrefois à la charge de l’armée.

mardi 13 décembre 2022

La droite et l'uniforme : une école mise au pas

Le 14 décembre, l’Assemblée nationale débat le plus officiellement du monde et sans état d’âme particulier d’une proposition de loi du RN sur l’uniforme scolaire. Une proposition d’extrême-droite visant à mettre toute la jeunesse en uniforme, c’est bien en France que cela se passe – et nulle part ailleurs – et nous sommes bien en 2022…

dimanche 4 décembre 2022

Le SNU matière obligatoire à l'école ?

« Nous sommes à un momentum où il nous faut décider de l'avenir du SNU… » Dans la bouche de la secrétaire d’état chargée du SNU, ces paroles ressemblent fort à un aveu d’échec. Pas franchement assumé certes mais, mise en difficulté lors de la présentation de son budget devant le Sénat (15/11/2022), Sarah el Haïry a bien été forcée d’admettre, à demi-mots, les limites du dispositif baroque expérimenté depuis 2018. Si la suite n’est pas écrite, l’hypothèse d’une « généralisation du SNU par intégration au temps scolaire » n’est pas de nature à rassurer.

Le venin dans les têtes, le venin dans l'école

  Le RN premier parti de France : ce n’est plus un cauchemar, c’est une réalité. Refuser de poser la question de savoir comment le cauchem...