Des pompes infligées de nuit à tout un groupe de jeunes de 15 à 17 ans, sous les hurlements d’un militaire en retraite promu éducateur par la grâce du SNU ? Ce n’est pas la première fois, dans la courte histoire du SNU, que des punitions collectives – par ailleurs interdites dans l’Education nationale – sont remises au goût du jour par un encadrement nostalgique de la vie de caserne, de son folklore et de ses brimades. Mais ici, c’est un lycée (Jean Rostand, à Strasbourg) qui tient lieu de caserne, c’est le rectorat qui organise, c’est l’Education nationale qui paye et qui met en œuvre un dispositif officiellement présenté comme le couronnement de toute une éducation qui s’affiche avec satisfaction comme civique et morale. En dépit des dénégations (« il n’y a pas de militarisation… » affirme le ministre), dans le SNU, la dimension militaire et identitaire reste prégnante ; avec le recul de trois années d’expérimentation, on peut même affirmer qu’elle l’emporte sur toute autre préoccupation, renforcée par le profil très spécifique des jeunes volontaires majoritairement intéressés par les métiers en uniforme ou appartenant (pour un tiers d’entre eux) à une famille de militaires.
Cet aspect du SNU faisait l’objet d’une note de blog parue il y a presque quatre ans (26/10/2018). S'il faut l'actualiser c'est pour mentionner la facilité avec laquelle l'Education nationale s'est coulée dans ce moule militaire...