jeudi 14 juillet 2022

Obligatoire et punitif, le SNU est d'abord une servitude militaire


Des pompes infligées de nuit à tout un groupe de jeunes de 15 à 17 ans, sous les hurlements d’un militaire en retraite promu éducateur par la grâce du SNU ? Ce n’est pas la première fois, dans la courte histoire du SNU, que des punitions collectives – par ailleurs interdites dans l’Education nationale – sont remises au goût du jour par un encadrement nostalgique de la vie de caserne, de son folklore et de ses brimades. Mais ici, c’est un lycée (Jean Rostand, à Strasbourg) qui tient lieu de caserne, c’est le rectorat qui organise, c’est l’Education nationale qui paye et qui met en œuvre un dispositif officiellement présenté comme le couronnement de toute une éducation qui s’affiche avec satisfaction comme civique et morale. En dépit des dénégations (« il n’y a pas de militarisation… » affirme le ministre), dans le SNU, la dimension militaire et identitaire reste prégnante ; avec le recul de trois années d’expérimentation, on peut même affirmer qu’elle l’emporte sur toute autre préoccupation, renforcée par le profil très spécifique des jeunes volontaires majoritairement intéressés par les métiers en uniforme ou appartenant (pour un tiers d’entre eux) à une famille de militaires.

Cet aspect du SNU faisait l’objet d’une note de blog parue il y a presque quatre ans (26/10/2018). S'il faut l'actualiser c'est pour mentionner la facilité avec laquelle l'Education nationale s'est coulée dans ce moule militaire...

lundi 4 juillet 2022

SNU : surveiller et soumettre

Sarah El Haïry reconduite à un secrétariat d’Etat spécialement consacré « à la jeunesse et au SNU », c’est la perspective, en dépit de l’échec flagrant d’un dispositif qui tourne à la pantalonnade, d’une généralisation de l’encasernement des jeunes. La perspective également d’un budget de 3,5 milliards € soutirés à l’Education nationale. Se pose aujourd’hui la question de savoir si l’absence de réaction forte des milieux éducatifs et enseignants relève de l’indifférence, de l’inconscience ou de la complaisance. Car depuis 4 ans que les grandes lignes du SNU ont été adoptées, le silence assourdissant de la mouvance éducative (avec quelques exceptions auxquelles je présente mes excuses pour cette généralisation...) fait quand même problème. 

Cette note de blog en date du 20/09/2018 se voulait déjà comme une note de synthèse....

dimanche 3 juillet 2022

Ecole obligatoire : une société brutalisée



Avec la préparation de la rentrée 2022, on entre dans le dur de la loi sur l’école obligatoire : mise en œuvre par une administration brutale, tétanisée par la peur de déplaire à la hiérarchie, plus soucieuse d’obéir aux ordres que de faire preuve d’un minimum de sens critique, cette loi confirme toutes les craintes que son élaboration – dans un mélange d’irrationalité et de dogmatisme – avait fait naître. Une scolarisation obligatoire imposée de force à un moment où, comme on devrait pourtant s’en rendre compte, la forme scolaire de l’éducation montre toutes ses limites. Je fais remonter 2 notes de blog rédigées dans le contexte de la préparation de cette loi (octobre 2020 – février 2021).

vendredi 1 juillet 2022

DNB 2022 : l’éducation morale et civique en service commandé

Pathétique et sidérant. Pour la session 2022 du DNB, l’épreuve d’EMC infligée aux candidat.es de la série professionnelle est directement inspirée par les principes de l’éducation à la défense définis il y a tout juste 40 ans (11/07/1982) par les deux ministères de l’Education et de la Défense et depuis jamais remis en question, principes qui réduisent à néant la dimension morale et civique d’un enseignement qui n’en finit pas d’être la caricature de ce qu’il prétend être.

dimanche 19 juin 2022

SNU : l'école au péril d'une mystique identitaire

Dans le flot d’images relayés sur le SNU par les médias, la plus marquante, parce que la plus diffusée, est celle de ces jeunes en uniforme, réunis au garde-à-vous chaque matin devant le drapeau pour chanter la Marseillaise. De fait, compte tenu de l’affligeante banalité des occupations quotidiennes qui font office de remplissage – quand elles ne tournent pas au ridicule (l'an passé,  en Moselle, les volontaires du SNU s’essayant à la traite des vaches sous le regard extasié du recteur d’académie ; aujourd'hui,  la mobilisation pathétique des personnels de l'Education nationale dans le rôle - raté - d'animateurs de colonies de vacances)  – et comme, d’autre part, il est difficile de prendre au sérieux l’impossible mission dite « d’intérêt général » – en réalité une coquille vide – censée prolonger le séjour dit « d’intégration »,  le SNU, c’est d’abord cela : la mise en scène d’une jeunesse militarisée et patriotique, disciplinée, un message adressé à une opinion publique nostalgique du service militaire, fantasmé comme le garant d’un ordre civique perdu.

Note de blog initialement parue le 02/07/2021

samedi 11 juin 2022

SNU : Une coquille vide mais qui coûte cher à l’école

 SNU pour Macron, conscription et service de travail obligatoire pour Mélenchon, rapport catastrophiste des sénateurs sur le déficit civique supposé des jeunes etc :  à travers un dispositif par nature coercitif, les politicien.nes de toutes tendances partagent une même vision identitaire et militaire de l’intégration à la société de jeunes qui, pourtant, qu’on le veuille ou non, en font partie depuis le jour de leur naissance. Une représentation d’une classe d’âge qui, finalement, en dit plus sur les adultes en question que sur les jeunes.

Le 12 juin, pour la 3e année consécutive, débute le séjour dit « de cohésion » de quelques milliers de volontaires. Faisons confiance aux médias pour relayer sans aucune distanciation la propagande officielle sur un SNU dont la généralisation coûterait chaque année, aux dernières estimations, 3,5 milliards € au contribuable, prélevés exclusivement sur le budget de l’Education nationale. Une singularité dont la mouvance éducative, à quelques exceptions près, ne semble toujours pas avoir pris la juste mesure.

Depuis février 2018, j’ai assuré un suivi critique et régulier du SNU (61 billets toujours consultables, quand les serveurs de Canalblog le veulent bien…) à l’adresse suivante : http://journaldecole.canalblog.com/tag/SNU

Le billet ci-dessous, initialement paru le 01/02/2022, revient sur le séjour de cohésion 2021.

mardi 7 juin 2022

Ecole obligatoire ou droit de l'enfant au respect ?

 En cette période de l’année, les parents qui font le choix d’instruire eux-mêmes leurs enfants se trouvent confrontés à l’arbitraire d’une administration confortée dans sa toute-puissance par une loi qui les prive d’une liberté fondamentale, instituant par la force le monopole de l’état dans l’éducation des enfants. Une situation qui n’en fait que mieux ressortir le décalage entre la réalité d’une politique éducative menée au cours du dernier quinquennat et le procès en « libéralisme…néo-libéralisme…privatisation etc » fait à Macron.

Sur les antécédents historiques d’une tentation totalitaire, cette note de blog initialement parue le 16/10/2020. 

Le venin dans les têtes, le venin dans l'école

  Le RN premier parti de France : ce n’est plus un cauchemar, c’est une réalité. Refuser de poser la question de savoir comment le cauchem...