Des manifestants effectivement très jeunes, échappant à tout contrôle : pour l’école, le retour de bâton ne devrait guère se faire attendre, comme à chaque fois que des désordres politiques et/ou sociaux conduisent les pouvoirs publics, en phase avec une large partie de l’opinion, à désigner un bouc émissaire plutôt qu’à se remettre eux-mêmes en cause. Comme à l’accoutumée, à l’école, le tour de vis prendra l’allure d’une imploration/déploration morale et civique déclinant l’inépuisable filon des valeurs de la république. Comme à l’accoutumée, on fera semblant d’ignorer que non seulement l’éducation dite morale et civique (EMC) fait depuis toujours, sous des modalités et des appellations diverses, l’objet de prescriptions officielles mais qu’elle a pris, tout spécialement depuis 2015, lorsque l’école avait été déclarée responsable des attentats terroristes, une dimension proprement obsessionnelle, l’Education nationale charriant un flot continu d’injonctions, de directives, d’instructions, chargées de remettre la jeunesse (mais pas ses aînés…) dans le droit chemin. Mais la vérité est cruelle : ces jeunes émeutiers qui pillent, vandalisent, incendient, ces élèves de collèges et lycées, ont tous été biberonnés aux valeurs de la république, ils ont tous chanté la Marseillaise, ils ont tous récité leur leçon. Pour des résultats qui ne sautent pas aux yeux. Dans ces conditions, avant de rajouter une louche de valeurs de la république – ce qui ne manquera pas d’arriver – il serait sans doute pertinent d’interroger leur énonciation scolaire. C’est l’objet de cette note de blog (déjà publiée le 23/10/2020) qui s’intéresse aux derniers programmes d’EMC. En attendant les prochains qui ne sauraient tarder…
" Notre « crise d’identité », vraie ou supposée est, à bien des égards, une crise de l’imaginaire historique et de la vision de la chose publique. Quelle histoire commune et plurielle permettrait ici et là de lutter contre les fanatismes, les haines ou la simple désaffection ? " Suzanne Citron
lundi 3 juillet 2023
vendredi 30 juin 2023
"Les fiascos de l'Etat républicain"
Des émeutiers souvent très jeunes, à la peau sombre : on pressent que d’ici peu, l’école sera à nouveau conduite au banc des accusés, sommée de rendre des comptes, accusée d’avoir failli à sa mission éducative et civique. Comme en 2005, comme en 2015, les mêmes accusations - « à l’école, on a laissé passer trop de choses… » (Valls après les attentats) - les mêmes censeurs bloqués dans un système de références héritées du passé (un passé d’ailleurs souvent fantasmé), déconnectées du monde d’aujourd’hui. En réponse à ce chœur des pleureuses, on renvoie à la lecture toujours stimulante du Mythe national de Suzanne Citron, notamment dans les extraits ci-dessous où elle dénonce les "fiascos de l'état républicain". Si l’on tient vraiment à impliquer l’école dans les troubles d’aujourd’hui, encore faudrait-il que ce soit pour de bonnes raisons... et pour en tirer les bonnes conclusions. On peut toujours rêver...
jeudi 29 juin 2023
Colère légitime, violences gratuites
Racisme dans la police ? La chose n’est pas nouvelle, c’est même une vieille tradition française (Charonne, octobre 1961, etc ), confirmée par nombre d’enquêtes dignes de foi (je ne parle pas des journalistes dits indépendants que la violence de rue fait jouir et qui l'entretiennent) et surtout symptôme d’un régime politique (la république dite universaliste, un comble…) qui n’a jamais été capable de gérer correctement la diversité. Pour abattre à bout portant un conducteur qui refusait d’obtempérer, il fallait qu’il se sente bien sûr de lui, ce policier de Nanterre…ou qu’il ait été bien mal formé. Est-ce une raison suffisante pour voir dans la violence de rue la suite légitime d'une violence policière ?
samedi 20 mai 2023
SNU sur temps scolaire : la faute de l’Education nationale
Le SNU sur temps scolaire, suivant les mêmes règles et modalités que celles d’un voyage scolaire, c’est le nouvel avatar de la mise en place d’un dispositif assumé sans complexe par le service public d’éducation. Bien autre chose qu'une simple tocade présidentielle. En tout état de cause, les annonces qu’a laissé filtrer la secrétaire d’état qui en a la charge confirment que le SNU est d’abord la chose de l’Education nationale, promotrice et organisatrice d’une forme de décervelage collectif dont l’armée – d’ailleurs curieusement peu présente dans le SNU – avait autrefois le monopole.
mardi 18 avril 2023
Mourir pour la patrie : un idéal éducatif ?
Dans la Russie poutinienne, la militarisation des jeunes
avance à grand pas, notamment à travers le recrutement de très jeunes enfants au
sein de mouvements militaro-patriotiques chargés de les éduquer – éducation physique,
entraînement militaire, participation aux cérémonies commémoratives – selon les
principes « conformes au système de valeur propre à la
société russe ». Une forme d’endoctrinement
qu’on ne peut s’empêcher – en se gardant d’une interprétation qui serait alors
anachronique – de rapprocher d’une pratique qui fut, en France, pendant les premières
décennies de la 3e République, celle de l’école primaire.
mardi 4 avril 2023
La droite et l'école : l'autonomie des établissements, faux-nez de l'autoritarisme
A l’initiative des Républicains, le Sénat doit débattre prochainement d’une proposition de loi intitulée en toute modestie « pour une école de la liberté, de l’égalité des chances et de la laïcité ». Cette proposition, inspirée par l’expertise quasi exclusive de la Cour des comptes, déballe dans un fourre-tout grossièrement ficelé les traditionnelles et rudimentaires croyances de la droite sur l’école.
vendredi 31 mars 2023
SNU : entre adhésion dogmatique et préoccupations financières, la dérive de l’éducation populaire
« Le SNU, pourquoi pas mais pas dans sa version actuelle… » L’entretien particulièrement contourné de son directeur général au Café pédagogique (31/03/2023) confirme l’ambiguïté des Ceméa sur le SNU. Un sujet à propos duquel toute une partie de l’éducation populaire s’est lourdement décrédibilisée.
Le venin dans les têtes, le venin dans l'école
Le RN premier parti de France : ce n’est plus un cauchemar, c’est une réalité. Refuser de poser la question de savoir comment le cauchem...
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Avec ce petit livre (155 pages), écrit avec la clarté et la concision propres à un auteur qui connaît son sujet, Matthieu Calame, qui do...
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Curieuse par sa genèse – terminée en 1978 mais refusée par plusieurs éditeurs – cette publication posthume de Suzanne Citron (2024) inté...
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Depuis septembre, trois propositions de loi à l’Assemblée nationale (en attendant la quatrième annoncée pour très prochainement), dix propos...