samedi 24 février 2024

Attal : « on ne négocie pas avec la république »… sauf exceptions.

 

« Des sanctions fortes à la moindre entorse à notre pacte républicain… »… à l’école. On « ne négocie pas avec la République : on l’accepte, on la respecte en entier, sans la moindre exception » … à l’école. Devant les députés (30/01/2024) et devant les micros, Attal est intarissable sur le respect des règles, sur les punitions… à l’école. Car, pour le reste, c’est une autre histoire. Ce principe* prend une résonance toute particulière dans le contexte de violences débridées et décomplexées entretenu ces dernières semaines par quelques organisations agricoles. Avec ce curieux sentiment qui laisse comme un malaise : l’appel au respect de la loi, à la primauté du droit, les leçons de morale et de civisme, tout cela ne vaut que pour les élèves.

vendredi 23 février 2024

Rentrée 2026...

Septembre 2026 : rentrée en uniforme pour 13 millions d’élèves. Septembre 2026 : internement obligatoire d’une durée de 15 jours pour tous les élèves de seconde dans le cadre de l’intégration du SNU au cursus scolaire. Septembre 2026 : obligation pour chaque établissement d’organiser, conjointement avec les anciens combattants, une cérémonie avec levée des couleurs, dépôt de gerbe, minute de silence, sonnerie aux morts, Marseillaise…

Frayeur d’anticipation ? Si, du moins pour l’instant, la cérémonie dite « du souvenir » ne se rapporte qu’à une proposition de résolution déposée par une trentaine de députés de droite, son existence même donne une direction, celle montrée par une droite* décomplexée au point de reprendre à son compte, sans rien en changer, les élucubrations même les plus improbables de l’extrême-droite ; celle également d’un débat éducatif pris au piège d’une surenchère national-autoritaire validée par l’Éducation nationale.

mardi 13 février 2024

2018 - 2024 : six ans pour un SNU qui n'aurait jamais dû passer son premier anniversaire.

 

Le SNU a 6 ans : c’est en effet le 13 février 2018 que Macron annonçait la mise en place d’un impensable dispositif d’encadrement autoritaire des jeunes, « quelque part entre les Chantiers de jeunesse et la caserne de grand-papa, entre une fixation irrationnelle sur la conscription et une méfiance bien réelle pour la jeunesse », écrivais-je dans la première note de blog que je consacrais au sujet.

jeudi 8 février 2024

Cinq ministres en 18 mois : l’école, jouet des politiques

 

N. Belloubet, cinquième ministre de l’EN en 18 mois…Une nomination qui, après quatre autres au même poste en dit non seulement beaucoup sur la versatilité et la désinvolture de Macron mais également sur la fonction réelle de l’éducation dans le débat politique national : l’école en France n’est pas une priorité ; ce qui l’est, c’est la façon dont on en joue.

vendredi 19 janvier 2024

L’école confisquée par la république

 

Un texte très riche, très dense, à l’appel de mouvements pédagogiques, associatifs, syndicaux pour dénoncer « la gouvernance autoritaire, le management violent (…), la ségrégation des acquisitions scolaires ». Un appel à « un grand mouvement d’élaboration d’alternatives pour l’École, visant à une grande réforme pour refonder une institution éducative démocratique, humaniste, moderne (…) ».

http://www.afef.org/halte-la-casse-de-lecole-une-riposte-collective-simpose-0

Mais pourquoi faut-il en atténuer (certes partiellement mais ce n’est pas une raison…) la portée par ce détour – malheureusement habituel et incongru – à « reconstruire une école républicaine » qui non seulement n’a jamais existé mais qui se réfère obstinément à un régime hors sol, déconnecté de toute historicité (de quelle république s’agit-il, la première, la seconde… la cinquième ?) ? A un régime qui, lorsqu’il s’est préoccupé de l’école, ne l’a jamais fait dans la perspective d’une émancipation individuelle et /ou collective mais bien au contraire avec l’objectif, au mieux, de contrôler la jeunesse, au pire, de la mettre au pas. L’école « républicaine » de Macron, l’école du SNU et des uniformes, l’école d’une laïcité identitaire et punitive, ne diffère pas de l’école de la Troisième république aux relents militaristes et nationalistes, ni des fantasmes totalitaires de 1793. 

lundi 15 janvier 2024

Régénération, réarmement civique, autorité : Macron 2024 dans les pas de Hollande 2015.

 

Régénération, réarmement civique, autorité : une rhétorique martiale et guerrière, fortement sous-tendue de considérations identitaires, s’incruste autour de l’École, illustrée par des symboles criards comme l’uniforme et le SNU. « Le réarmement civique – écrit Thierry Ribault, chercheur en sciences sociales – est un sous-produit idéologique de la doctrine de la résilience nationale élaborée par les dirigeants macronistes. C’est une phase préparatoire à un réarmement militaire et à une mobilisation nationale de la jeunesse. » Élaborée par des dirigeants macronistes ? Sans doute mais pas seulement : à bien des égards, le moment actuel apparaît comme l’aboutissement d’une impulsion donnée par la majorité précédente (2012-2017) – dite de gauche – dans la foulée des attentats de 2015. Depuis l’absurde accusation lancée par Valls (janvier 2015) selon laquelle « à l’école, on a laissé passer trop de choses », cette dernière est la cible d’injonctions brutales qui gangrènent la mission civique de l’école dans une perspective dévoyée faisant de l’identité nationale la forme ultime et nécessaire du vivre ensemble.

jeudi 11 janvier 2024

L'histoire à l’école entre sondage d'opinion, illusion mémorielle et commande politique.

 

Un grand classique de la manipulation de l’opinion sur les questions scolaires : ce nouveau sondage (Opinionway) censé montrer l’ignorance des jeunes (16-24 ans) sur le passé et l’incapacité de l’enseignement de l’histoire à former des citoyens. Un sondage massivement repris dans les mêmes termes catastrophistes par les médias et dont il ressort plutôt que la commanditaire, Chloé Morin, politologue de profession, est tout autant ignorante de l’histoire que de son enseignement.

Le venin dans les têtes, le venin dans l'école

  Le RN premier parti de France : ce n’est plus un cauchemar, c’est une réalité. Refuser de poser la question de savoir comment le cauchem...