L’extrême-droite en rêvait, Macron le fait. En interdisant l’abaya dans les établissements scolaires, l’EN poursuit et amplifie la politique de harcèlement systémique dirigée contre une religion, l’Islam, car c’est bien de cela qu’il s’agit. Dans un pays où 20 % des élèves sont inscrits, au sein du service public d’éducation, dans des établissements ouvertement catholiques, il faut une bonne dose de malhonnêteté pour mettre en avant une préoccupation de neutralité religieuse de l’école. Avec cette mesure discriminatoire, c’est une religion et une seule qui est visée et avec elle, toute une partie du monde objet de toutes les suspicions et des peurs les plus irrationnelles. C’est également une confirmation : jusque dans les années 60, l’Education nationale traquait les filles en pantalon ; aujourd’hui, elle traque les filles en robe. En dépit de ses dénégations et en contradiction avec ses leçons de morale généreusement distribuées par ses programmes officiels d’EMC, l’école dite de la république semble toujours avoir un sérieux problème avec les filles…
Cette interdiction de l’abaya n’est sans doute qu’une première étape. Ce n’est pas un hasard si cette décision est annoncée avec fracas par un ministre également chargé de la mise en œuvre de ce qui ressemble de plus en plus à une mise au pas de l’école (le SNU) : une police de la pensée qui commence par une police du vêtement.