dimanche 29 janvier 2023

1933 - 2023...


De Berlin, où il est un jeune magistrat stagiaire, Sebastian Haffner observe avec effroi les événements qui se déroulent en Allemagne au cours des premiers mois de 1933 : avec une rapidité sidérante, la mise en place d’un régime de terreur qui ne ressemble à nul autre. Une terreur qui vise les opposants réels ou potentiels (à ce moment, Hitler, quoique chancelier depuis le 30 janvier, n’est pas majoritaire en Allemagne) mais surtout un groupe humain. Si l’antisémitisme n’est pas une invention allemande, le nazisme a su lui donner une dimension proprement systémique, institutionnelle et juridique ce dont Haffner a parfaitement conscience. Haffner n'est pas historien – juste un témoin lucide et intuitif ; il quittera l’Allemagne en 1938 – mais le nazisme ne porte-t-il pas une dimension qui échappe, par certains côtés, aux canons de l’analyse historique ? Ce qu’a déjà remarqué Alice Miller lorsqu’elle met en relation le sort des juifs avec l’éducation reçue par leurs bourreaux.

samedi 14 janvier 2023

Egalité et uniforme scolaire : attention, arnaque !

Des heures d’un débat ubuesque à l’Assemblée nationale, une bonne demi-douzaine de propositions de loi déposées ces derniers mois au Parlement, une presse complaisante que le sujet fait manifestement saliver : avec l’uniforme scolaire, la bouffonnerie s’incruste dans le débat politique. Avec cette nuance, qu’en politique la bouffonnerie est aussi un projet politique et que lorsqu’elle fait rire, c’est involontairement.

mercredi 4 janvier 2023

Refuser le SNU : pour les éducateurs, une obligation morale

Après 5 ans de mise en place laborieuse d’un dispositif qui n’a jamais rencontré le public visé (en 2022, 32 000 volontaires sur un potentiel de 2 400 000 jeunes concernés), 5 ans de battage médiatique, de communication infantilisante autour d’un projet qui tourne à vide en dépit de son coût prohibitif, le SNU serait donc généralisé, imposant à l’ensemble de la jeunesse une obligation dont on ne connaît aujourd’hui d’équivalent dans aucun pays démocratique. Mais surtout dans aucun système éducatif. Des jeunes en uniforme, au garde-à-vous chaque matin devant le drapeau aux accents de l’hymne national : avec le SNU, il ne s’agit pas d’une simple toquade folklorique mais d’une mise au pas de la jeunesse autour d’une mystique identitaire. Avec cette singularité qui semble avoir échappé à beaucoup : le transfert structurel et budgétaire à l’Education nationale d’une forme d’embrigadement, d’endoctrinement qui était autrefois à la charge de l’armée.

mardi 13 décembre 2022

La droite et l'uniforme : une école mise au pas

Le 14 décembre, l’Assemblée nationale débat le plus officiellement du monde et sans état d’âme particulier d’une proposition de loi du RN sur l’uniforme scolaire. Une proposition d’extrême-droite visant à mettre toute la jeunesse en uniforme, c’est bien en France que cela se passe – et nulle part ailleurs – et nous sommes bien en 2022…

dimanche 4 décembre 2022

Le SNU matière obligatoire à l'école ?

« Nous sommes à un momentum où il nous faut décider de l'avenir du SNU… » Dans la bouche de la secrétaire d’état chargée du SNU, ces paroles ressemblent fort à un aveu d’échec. Pas franchement assumé certes mais, mise en difficulté lors de la présentation de son budget devant le Sénat (15/11/2022), Sarah el Haïry a bien été forcée d’admettre, à demi-mots, les limites du dispositif baroque expérimenté depuis 2018. Si la suite n’est pas écrite, l’hypothèse d’une « généralisation du SNU par intégration au temps scolaire » n’est pas de nature à rassurer.

lundi 21 novembre 2022

Un avatar du voyeurisme : l'uniforme scolaire

Depuis septembre, trois propositions de loi à l’Assemblée nationale (en attendant la quatrième annoncée pour très prochainement), dix propositions depuis 2015, sans compter les amendements ajoutés à divers projets de loi : à droite et à l’extrême-droite, l’uniforme scolaire vire à l’obsession. Une obsession qui en dit manifestement plus sur les parlementaires que sur les élèves. Car quand des messieurs généralement plus très jeunes sont à ce point travaillés par le look des jeunes filles – car c’est d’abord d’elles qu’il s’agit – la question posée relève davantage du pathologique que de la politique éducative.

vendredi 11 novembre 2022

Une éducation à la paix avec Maria Montessori

 « La véritable défense de l’humanité ne peut se baser sur des armes. Tant que nous ne ferons pas confiance à la grande « arme pour la paix » qu’est l’éducation, les guerres continueront de succéder aux guerres et tant la sécurité que la prospérité des hommes ne seront pas assurées. L’éducation étant la seule voie de salut pour la civilisation et l’humanité, elle ne saurait se confiner dans ses limites actuelles ni conserver sa forme présente. »

En 1937, une série de conférences offre à Maria Montessori l’occasion de développer sa conception de l’éducation. Même rapportées au contexte de l’époque – souvenir très proche de la Première guerre mondiale, tensions internationales – ses réflexions sont toujours d’actualité : fruits de la longue expérience éducatrice de son auteur, cette analyse n’en fait que mieux ressortir l’inanité d’un très improbable « devoir de mémoire » dont la version scolaire tient plus de l’escroquerie mémorielleque de l’histoire.

Le venin dans les têtes, le venin dans l'école

  Le RN premier parti de France : ce n’est plus un cauchemar, c’est une réalité. Refuser de poser la question de savoir comment le cauchem...