Le SNU étant mort et enterré, l’Assemblée nationale vient d’adopter une loi renforçant la militarisation des programmes scolaires dans la logique d’une militarisation du débat public.
" Notre « crise d’identité », vraie ou supposée est, à bien des égards, une crise de l’imaginaire historique et de la vision de la chose publique. Quelle histoire commune et plurielle permettrait ici et là de lutter contre les fanatismes, les haines ou la simple désaffection ? " Suzanne Citron
Le SNU étant mort et enterré, l’Assemblée nationale vient d’adopter une loi renforçant la militarisation des programmes scolaires dans la logique d’une militarisation du débat public.
La prise en mains de quelques dizaines (ou centaines ?) de mairies par le RN ne sera pas sans conséquences pour les écoles primaires des communes concernées. Mais force est de constater que, depuis quelques années, le projet éducatif de l’extrême-droite a déjà été bien anticipé par l’Éducation nationale.
L’Assemblée nationale puis le Sénat observant une minute de silence à la mémoire d’un militant d’extrême-droite mort au combat – car il faut bien désigner les faits par leur nom : même dans la pire dystopie, la chose paraissait difficilement imaginable. C’est pourtant ce qui s’est passé les 17 et 18 février 2026, dates qui baliseront sans doute un moment dans l’histoire de ces institutions républicaines qui viennent de montrer le peu de cas qu’elles faisaient des valeurs censées fonder leur légitimité.
« Le cerveau de nos enfants et de nos adolescents n'est pas à vendre. Leurs émotions ne sont pas à vendre, ni par les plateformes américaines, ni par des algorithmes chinois. » C'est en ces termes que Macron cherche à justifier l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Discutée et votée en procédure d’urgence, cette interdiction en dit probablement davantage sur ses instigateurs que sur le public visé. Comme c’est souvent le cas lorsque les politiques interviennent dans le domaine éducatif, elle signe le primat de la facilité sur la complexité des choses, de la pensée binaire sur la nuance, de l’effet d’annonce sur l’efficacité réelle, du court terme des sondages d’opinion et des ambitions politiciennes sur le temps long de l’éducation. Ni les dangers réels ou supposés des réseaux sociaux ni quelques drames récents amplifiés et instrumentalisés ne justifient le choix d’une interdiction totale que, soit dit en passant, la France est le seul pays de l’UE à avoir, à cette heure, adopté. Le harcèlement scolaire, mis en avant pour justifier la mesure, n’a pas attendu les réseaux sociaux ni le téléphone portable pour exister, il perdurera sans eux sous une autre forme puisque, en privilégiant l’interdiction sur l’éducation, on s’empêche de remonter à l’origine du phénomène
L’annonce par Macron de l’interdiction des téléphones portables en lycée et des réseaux sociaux jusqu’à 15 ou 16 ans est à l’image d’un moment politique obsédé par la surveillance et l’interdit. A l’image également d’un système éducatif toujours aussi peu démocratique, toujours plus autoritaire.
Le tournant guerrier et militariste de Macron engage fortement le système éducatif et ses acteurs. Une émission radiophonique bien connue des enseignant.es d’histoire confirme la perméabilité de l’Éducation nationale et d’une partie de ses personnels aux mots d’ordre martiaux.
L’école comme support privilégié d’une éducation patriotique et militaire ? Derrière la mise en scène éhontée de Macron passant en revue des enfants grimés en soldats, les annonces sur le service militaire ont des implications directes sur l’école.
Le RN premier parti de France : ce n’est plus un cauchemar, c’est une réalité. Refuser de poser la question de savoir comment le cauchem...